Présentation

NEFERTITI

 
 
Urbi et Orbi
 

 
TOY
 
 
PasSage

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. J’ai connu Dean peu de temps après qu’on ait rompu ma femme et moi. Le commencement de tout ce que je vais raconter, ce fut une écriture inconnue sur une enveloppe. Le soir de Noël 1955, Benny Profane, vêtu de jeans noirs et d’une veste de daim, des tennis aux pieds et le grand chapeau de cow-boy sur la tête, vint à passer par Norfolk, Etat de Virginie. Tricotant des compas, comme si le bitume lui brûlait les paturons, le type arquait en droite ligne vers la porte Saint-Denis. Lœil, d’abord, glisserait sur la moquette grise d’un long corridor, haut et étroit. Nous voici encore seuls. Nous avions amélioré nos techniques de vente au début des années soixante-dix. Il se piquait toujours aux lueurs de l’écran télé. J’étais debout dans la cuisine, en train de me faire cuire des spaghettis, et je sifflotais en même temps qu'à la radio le prélude de La Pie voleuse de Rossini, musique on ne plus appropriée à la cuisson des pâtes, lorsque cette femme me téléphona. "Tu fais vraiment très bonne impression." Les flèches des bâtiments lui étaient étrangères. Ce fut au couvent de Panthemont que Justine et moi fûmes élevées. Je suis né le 25 décembre à minuit, d’une moujique et d’un grand-duc. Wang Lung était magicien et haïssait l’Empereur ; il aimait, à travers une distance révérencieuse, l’Impératrice. Ce mardi-là, je m’éveillai au moment sans âme et sans grâce où la nuit s’achève tandis que l’aube n’a pas encore pu naître. Tôt par ce matin lumineux, doré, inondé de soleil, Stuart McConchie balayait le trottoir devant Modern TV, vente service après-vente. Un hurlement traverse le ciel. Nous avions transporté une grosse cargaison de coton de La Nouvelle-Orléans à Travers sur la Tuscaloosa. Le voyageur âgé assis au coin-fenêtre gauche à côté d’une place vide et en face de deux sièges inoccupés de ce wagon à la marche inexorable, n’était autre que le professeur Timofeï Pnine. Dans une citadelle assiégée, une dame fuit devant la soldatesque. C’était un type qui passait ses journées à se  secouer les poux des cheveux. Le fait eut lieu en février 1969, au nord de Boston, à Cambridge. Il n’a guère cessé de faire mauvais temps depuis le mois de novembre (la nuit de noël était pourtant tiède). Je m’appelle Ishmaël. Le 124 était habité de malveillance. La main de Baldovina ouvrit le tulle de la moustiquaire pour s’y frayer passage puis tâta en pressant doucement comme s’il y avait eu là-dessous une éponge, non un enfant de cinq ans ; elle ouvrit la petite chemise et examina la poitrine de l’enfant toute couverte de cloques, de sillons d’une couleur violente, et cette poitrine se gonflait et se compressait comme s’il lui fallait faire un effort considérable pour parvenir à un rythme naturel ; elle ouvrit aussi la braguette du vêtement de nuit et vit les cuisses, les petits testicules pleins de cloques qui allaient s’agrandissant, et en avançant  encore davantage ses mains, elle remarqua que les jambes étaient froides et tremblaient.

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Je reprendrais ce blog lorsqu’il y aura

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commentaires à point's de fuite…



..

Vous êtes bien sûr, si vous le souhaitez, invité à faire le point ;
je ne l’ai pas dit alors, mais je le dis maintenant,
c’est un point sur lequel je ne peux sans cesse revenir.
Votre point de vue et le bienvenu, sachez-le.

...



Petit
Orifice
Incertain
Négligement
Tendu

Véro

Précipice
Osé
Ignore
Notre
Trouille

Véro

Particularité
Occulte
Immonde

Tantale

Gertrude

Pour
Ouvrir
Idéellement
Notre
Tête

Véro

Particule
Oléagineuse
Immaculée
Nuage
Tintinnabulant

Gertrude

Pour avoir essayé
Osé juste un instant
Inventer une autre vie
Naviguér dans le rêve
tenter l'espoir

Véro

*

le point

tout tournait maintenant autour du point

le point devenait le centre

nous décrivions le point, nous écrivions le point

le point devenait le cercle où nous nous enfermions bien malgré nous

il nous absorbait

nous faisions partie du point

nous étions le point

il semblait que rien ne fut réel en dehors de lui

le point était l'ici est maintenant

quelque soit l'endroit où  notre regard se portait

il y avait le  point

en essayant de le comprendre

nous avions fini par plonger en nous

en cet infime point à l'intérieur

d'où tout semblait naitre

nous comprenions l'infiniment grand

nous percevions la beauté de toute chose

elle éclatait devant nous en une infinité de points

étrange ballet

où nous touchions le vent et les sourires

le point partout était présent

le point était tout à la fois

la multiplication et la division

l'addition à laquelle nous avions essayé de nous soustraire

l'opération impossible à résoudre

l'axiome de toute chose

nous étions partis à sa recherche

sans trop savoir pourquoi ni comment

maintenant nous devions vivre avec

nous ne pouvions plus l'ignorer.

 

Tomoko Nobusaki

 

*


Je dérive de ce point-là à cet autre point en tout point semblable, en tout point, le même. De point en point, je vais, traçant des lignes en pointillé, bravant les gouffres, laissant des vides.

La ligne est un point que l’on étire.
Un bon point se reconnait à ses qualités ductiles.
Le point est un interstice en plein.
Le réel est un point.
Le point est l’expression minimale d’une ligne.

Ici est le point d’amarrage, me dit Léon en me désignant un endroit indéterminé sur la carte. C’est ici que Maintenant à été reconnu pour ce qu’il est, un chien de ma chienne fébrile, et qu’Ici, en frétillant de la queue, a jappé pour la première fois lorsqu’elle a rencontré Maintenant. Je tentais de rester attentif, bien que tout cela me semblât baigner dans une totale confusion… Où voulait-il en venir… De son œil le plus haut, il me désignait ce point, une crotte de mouche sur le dos d’un éléphant… et de son œil le plus bas, il guettait mes réactions ; me voyant si perplexe, il tenta une nouvelle fois de m’expliquer de quoi il en retournait… à cet instant le téléphone sonna, c’était L., soulagé, j’ai pu m’extraire de ce méli-mélo sans froisser Léon.

Il y a ce lieu, commun, usuel et singulier, celui où j’exerce en suivant la droite ligne qui, du point à la rupture, peut en certaines circonstances, me conduire dans un lieu de moi inconnu. Ce type de rupture est étrange et peu fréquent. Nous le marquons usuellement par des points de suspension (…), qui peuvent être suivis par un point d’exclamation ( …!), voir, d’un point d’interrogation (…?), lorsque les circonstances singulières d’une telle rupture nous laissent interdits.

Formulons l’hypothèse suivante : il n’y a pas de lieux autres que celui où nous nous trouvons, nous percevons alors le "point", le point nous est donné, disons-nous, hic et nunc.

Dans un espace donné, nous ne pouvons percevoir qu’un fragment circonstancié du temps et de l’espace, c’est cela que j’appelle le "point". Certains l’appellent "autrement" – moi je suis autrement –, me disait Léon lorsqu’il voulait signifier que lui seul occupait l’espace et le temps à lui dévolu. Cette idée, que nous l’exprimions par le point ou tout autre vocable, marque pour l’essentiel, notre condition. Nous sommes définis par le point, que nous l’appelions point, ou autrement, ici et là maintenant et toujours, immuablement rivé et forclos en cet infime espace, le point.

Le point est aussi celui qui surgit lorsqu’inattentifs à ce qui nous entoure, nous sommes surpris par sa soudaine apparition. Le point est un surgissement impromptu venant rompre de manière péremptoire le déroulement logique d’un événement, d’une action, d’une pensée… Le point à tout moment menace, à sa manière goujate, d’interrompre le cours des choses.

Lorsque le point de non-retour arrive, il n’est plus temps de faire le point. Le point de non-retour est celui qui nous engage sur un chemin sans retour, et le plus souvent, sans issue. Le point de non-retour est assimilable à une chute.

Nous sommes aujourd’hui, au point de non-retour, et nous chutons, fatalement, inexorablement, nous chutons. Après les événements, comment en aurait-il été autrement.

Les décimés de l’histoire ne sont plus là pour en parler, eux aussi sont passés par ce point de non-retour sans retour, et ils ne sont effectivement pas revenus…

Aujourd’hui, le point de non-retour n’est plus seulement applicable à un nombre déterminé de protagonistes, mais s’applique à l’ensemble de l’humanité. Nous vivons ce point, et ce point effectif est devenu notre horizon, notre familier horizon, un point de non-retour, un point ultime, un point définitif.

Il point son nez par là – tant de points, point sans faut, se dit-il ; si je reste là, il me faudra compter les points, les points de droit, les points de détails, les points obscurs, les points intéressants, et ceux qui ne le sont pas ; traiter un point, et un autre, encore et encore, m’expliciter sur ce point, et cet autre… etc., etc.

*


..................


"Rien de ce qui n’est pas maintenant n’est réel."

Joyce Carol Oates



°


+


Je vis tangente aux parallèles
cherchant dans un axe ordonné
la symétrie du point
pour tracer la ligne  de fuite à double issue

ici est maintenant il y a moi le point incertain
là-bas en ce moment il y a toi le point flou
entre-deux .... des milliers de points en suspension...

et toujours revient le dimanche
le gris.. le vide ... le pas envie..
après le bruit, la fête , la foule
l'absence , le rien
je me dis "pourquoi t'es pas là ?"
j'ai envie de tes bras autour de moi
ile... asile... où cacher ma folie
je suis recroquevillée dans mon canapé
je remonte la couverture
aléla diane tourne en boucle
la guitare résonne
sur cet instant désaccordé
points de fuite aux dimanches de nos vies
je rêve d'un amour inoxydable

(extrait du livre des dit-manche... ou l'incroyable voyage d'une absence)

"c'est comme ça un point c'est tout !!!"

- un point c'est tout ?

L. le regarda étonnée
un point c'est tout , ça ne voulait rien dire....
alors tout était sensé s'arrêter là !!! à ce point
non ce n'était pas tout...
il y avait tout ce qu'ils s'étaient dit avant..
toute leur histoire aussi...

un point c'est tout...
ça ne pouvait se résumer à ça...
il ne pouvait y avoir de point....
derrière c'était le vide, le rien...
l'impossibilité d'autre chose

c'est tout....
comme une condamnation...
le point était le couperet de l'échafaud
qui séparait hier de demain...
sa tête était là prête à être tranchée...
maintenant était le point...
quelques mots en avait fait son bourreau...

un point c'est tout...
la lame s'abattit dans un bruit sourd
toute fuite était maintenant impossible...

F. L. V.



 


 

  Parce qu’il n’y a rien de réel hors ce Point

Publié dans : Fneuk - Communauté : Les Krapo-i2
Mercredi 21 octobre 2009

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